Selon la onzième édition de l’Indice CanTrustMC 2026 de Proof Strategies, les Québécois·es affichent les niveaux les plus élevés de confiance envers les autres et de satisfaction personnelle, comparativement au reste des Canadien·nes. Ce sondage annuel est mené par Proof Strategies, l’agence affiliée de Capital-Image.

Le sondage, mené en janvier 2026, montre que l’Indice CanTrustMC global atteint son niveau le plus élevé au Québec, à 51, alors qu’il était à 45 il y a un an. Les provinces de l’Atlantique suivent avec 46. Ailleurs au pays, l’indice est de 41 en Ontario, de 38 en Colombie-Britannique et de 35 dans les Prairies.

En 2026, le score de l’indice a augmenté dans toutes les régions, à l’exception de la Colombie-Britannique, où il a diminué de deux points. La hausse observée au Québec, soit de 6 points, est la plus importante, comparativement à cinq points dans les provinces de l’Atlantique et en Ontario, et à deux points dans les Prairies.

Près des deux tiers des Québécois·es (63 %) se disent d’accord avec l’affirmation selon laquelle « la plupart des gens sont honnêtes et dignes de confiance », tandis que près de la moitié (49 %) est d’accord avec l’affirmation « mon premier réflexe est de faire confiance aux gens ». Lorsqu’on leur demande s’il devient de plus en plus difficile de faire confiance aux gens, les Québécois·es affichent le plus faible niveau d’accord, à 55 %, comparativement à 60 % en Ontario, à 69 % en Alberta, à 71 % en Colombie-Britannique et à 72 % au Manitoba et en Saskatchewan.

Les Québécois·es déclarent aussi le plus haut niveau de satisfaction globale, comparativement aux autres Canadien·nes. En moyenne, la satisfaction est de 63 % au Québec, contre une moyenne nationale de 58 %, en hausse par rapport à 51 % en 2021. Dans les autres régions, la satisfaction s’établit à 52 % en Alberta, à 53 % au Manitoba et en Saskatchewan, à 54 % en Colombie-Britannique, à 57 % en Ontario et à 61 % dans les provinces de l’Atlantique.

« Les Québécois·es sont en tête pour faire progresser le sentiment de confiance globale au pays », déclare Silvie Letendre, présidente de Capital-Image. « Dans un contexte mondial marqué par l’instabilité et la montée de la désinformation, la confiance est devenue une force de stabilité essentielle. Quand les gens font confiance à des sources crédibles, ils sont plus aptes à comprendre et à aborder des enjeux complexes. »

Dans l’ensemble, le plus récent Indice CanTrustMC de Proof Strategies montre que la confiance au Canada demeure solide, et que davantage de Canadien·nes se tournent les un·es vers les autres, ainsi que vers les institutions qui contribuent à l’identité nationale. La confiance entre les personnes progresse positivement, et l’on constate un regain d’appréciation pour les organisations qui démontrent un engagement envers la prospérité du Canada, que ce soit par une propriété canadienne ou par des investissements qui créent des emplois et renforcent l’économie.

« La dernière année a été marquée par de l’hostilité et de l’intimidation de la part de la Maison-Blanche. Si on ne peut pas faire confiance au monde qui nous entoure, on peut au moins se faire confiance mutuellement », déclare Bruce MacLellan, fondateur et président du conseil d’administration de Proof Strategies. « Dans un monde fracturé, la confiance envers l’Équipe Canada se resserre. »

L’IA, un partenaire auquel les Canadien·nes font peu confiance
Même si de plus en plus de Canadien·nes utilisent l’intelligence artificielle, la confiance suit la tendance inverse. Parmi les Canadien·nes qui utilisent l'IA, 57 % le font de façon régulière ou occasionnelle, en comparaison avec 43 % l’an dernier. Toutefois, 29 % des Canadien·nes disent avoir confiance que l’IA aura des effets positifs sur l’économie, en baisse par rapport à 33 % en 2025. Au Québec, la proportion des personnes qui estiment que l’IA aura un effet positif sur l’économie est la même que la moyenne canadienne, soit 29 %, mais ce chiffre a reculé depuis 2016, où il atteignait 47 % et constituait le plus élevé au pays.

Le tiers (33 %) des Canadien·nes croient que l’IA améliorera l’expérience client. Au Québec, ce taux est de 37 %, le plus élevé de toutes les régions du Canada. En parallèle, les Canadien·nes sont de plus en plus sceptiques à l’égard des sources qu’il·elles consultent, alors qu’une part grandissante du contenu est produite par l’IA. La proportion de personnes qui estiment que les sources d’information deviennent plus dignes de confiance a diminué de 22 % à 17 %, tandis que 46 % disent maintenant que l’IA rend l’information moins digne de confiance.

Si la proportion de Canadien·nes qui disent que l’IA rend les sources d’information plus dignes de confiance a reculé de cinq points (à 17 %), la confiance envers les médias traditionnels d’information, quant à leur compétence et à leur capacité de prendre des décisions éthiques, est en hausse. Elle a augmenté de huit points, pour atteindre 45 %.

« L’utilisation de l’IA augmente rapidement, mais la confiance ne suit pas », constate Bruce MacLellan. « Par contre, les organisations qui combinent une stratégie d’IA avec la mise en œuvre d’une communication transparente et d’une gouvernance responsable pourraient, avec le temps, contribuer à renforcer la confiance des Canadien·nes. »

Cette hésitation à faire confiance à l’IA ne se manifeste pas de la même façon chez nos voisins du sud. Aux États-Unis, la population fait confiance à l’IA pour améliorer l’expérience dans tous les grands secteurs, notamment la santé, le commerce de détail, l’éducation, les services gouvernementaux et les services financiers. En moyenne, 44 % des Américains croient que l’IA soutiendra les secteurs d’activité, comparativement à 33 % des Canadien·nes. (Données américaines de novembre 2025.)

Les données CanTrustMC 2026 indiquent aussi un possible écart lié au type d’emploi quant à l’optimisme envers l’IA. Soixante-deux pour cent (62 %) des personnes occupant des postes de haute direction croient que l’IA améliorera l’expérience client, alors que le niveau de confiance est beaucoup plus faible chez les gestionnaires intermédiaires, le personnel administratif, les travailleur·euses spécialisé·es et les travailleur·euses de première ligne. De même, 59 % des membres de la haute direction font confiance à l’IA pour contribuer à l’économie, comparativement à 29 % de l’ensemble des Canadien·nes sondé·es.

« Seulement le tiers des Canadien·nes font confiance au gouvernement fédéral pour encadrer correctement l’IA. Ottawa doit avancer prudemment et justifier toute nouvelle mesure », ajoute M. MacLellan.

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