La dernière enquête NETendances de l'Académie de la transformation numérique de l’Université Laval confirme ce que beaucoup ont déjà observé sur le terrain : en 2025, on passe encore plus de temps sur les réseaux sociaux. Plus précisément, 3 heures et 41 minutes par jour, en moyenne, soit près d'une heure de plus que l'année dernière.

Sans surprise, deux plateformes sont étroitement liées à ces temps d'écran record : Instagram et TikTok. Les personnes qui utilisent quotidiennement l'une ou l'autre de ces applications passent en moyenne deux heures de plus sur les réseaux sociaux que les autres. Pour les personnes évoluant dans l'univers de la communication et du marketing, ces statistiques ne sont probablement pas une surprise. Saisissantes, certes, mais prévisibles. Elles reflètent directement l'intensification de la rivalité entre Meta et TikTok pour capter l'attention, et le perfectionnement des mécaniques qui parviennent à rendre accros.

Au-delà du temps passé, l'étude révèle surtout quand et où les réseaux sociaux s'intègrent désormais dans nos vies. On apprend par exemple que parmi les 18-34 ans qui utilisent les réseaux sociaux, 72 % le font au lit dès le réveil, 65 % le font au moment du coucher, 53 % le font pendant les repas et 51 % dans la salle de bain. Les réseaux sociaux ne sont plus une activité parmi d'autres, ils ponctuent de nombreux moments de la journée, du premier au dernier geste. Face à ces constats, Youssef Allami, professeur adjoint à l'École de psychologie de l'Université Laval, invite à regarder au-delà du simple temps d'écran pour s'intéresser au contexte d'utilisation : « Utiliser les réseaux sociaux dans un moment de détente, par exemple en soirée dans le salon, est généralement moins préoccupant que de les utiliser systématiquement au lit, juste avant de s'endormir. Cette distinction est toutefois importante à condition que l'écran serve réellement à se détendre, et non à fuir des émotions difficiles comme le stress, la colère ou la tristesse. Dans ces situations, l'écran peut devenir un moyen d'éviter de faire face à ce que l'on ressent, ce qui peut poser problème à plus long terme. »

Pour les professionnels de la communication et du marketing sur les réseaux sociaux, c'est un rappel que les contenus créés peuvent s'immiscer dans des moments de vulnérabilité émotionnelle. Cette réalité s'accompagne d'une responsabilité, celle de reconnaître que les réactions à nos contenus peuvent être amplifiées par ces contextes fragiles. Mais c'est aussi là que se trouve l'opportunité de créer quelque chose qui compte vraiment. Quand on rejoint quelqu'un dans un moment d'intimité ou de vulnérabilité, on a la possibilité de faire plus que simplement capter son attention : on peut créer une connexion authentique, offrir une valeur qui dépasse le « scroll par réflexe », être présent d'une manière qui mérite réellement la confiance qu'on nous accorde en nous laissant entrer dans ces moments-là.

L'enquête NETendances est disponible gratuitement sur le site de l'ATN. Vous y trouverez les données les plus à jour sur les habitudes et les perceptions des internautes du Québec sur les sujets suivants :

  • Réseaux sociaux
  • Youtube, balado diffusion et musique
  • Jeux vidéo
  • Télévision et plateformes de diffusion en continu