Il y a tellement d’images, partout, tout le temps. Elles défilent jusqu’à nous faire oublier de cligner des yeux. Mais pendant que le regard sature, une autre dimension s’impose comme vecteur d’émotion : le son. Niché aux abords du parc Lafontaine, l’atelier de création sonore HOMY Studio en a fait sa matière première avec une idée claire : créer des identités sonores qui racontent une marque, un projet, une histoire.
La vision derrière le nom.
C’est en cherchant un condo en 2019 que Gabriel Gagnon est tombé sur l’ancien studio de post-production qui allait devenir le point de départ de son parcours entrepreneurial avec Clément Leduc. « HOMY est vraiment né d’un lieu, raconte Gabriel. Tout s’est construit autour de ce qu’il dégage : un espace où les gens se sentent bien. » Le nom du studio n’est pas anodin. Il traduit la volonté des deux cofondateurs de créer un environnement où les artistes et les clients sont libres d’exprimer leurs élans créatifs, comme à la maison.
Le son sous toutes ses formes
Clément Leduc et Gabriel Gagnon partagent le même amour du son. Clément vient du monde de la musique, lui qui, en plus de travailler sur son projet Hologramme, a collaboré notamment avec Dominique Fils-Aimé et Geoffroy. Gabriel possède avant tout un profil de producteur, maîtrise parfaitement les codes de la publicité et est lui-même musicien. Ensemble, ils ont trouvé le rythme qui permet à HOMY de jouer sur des terrains variés, allant des séries télé à la pub, en passant par les expériences immersives.
« Quel que soit le projet, notre objectif reste le même : créer une identité sonore distincte », dit Clément. Et pour y arriver, les artisans de HOMY ne prennent aucun raccourci. « On n’essaie jamais d’imiter, affirme Gabriel. On préfère se compliquer la vie, mettre l’effort supplémentaire et créer une identité plus forte. » Clément ajoute : « On aime travailler avec de vrais sons, de vrais instruments. Même pour des textures très simples, on préfère les recréer nous-mêmes. Ça s’entend, mais surtout, ça se ressent. »
Cette approche puriste, presque expérimentale, colle à la peau du duo. Dans son laboratoire, chaque son est façonné de toute pièce, dans le plus grand respect de l’art et de la technique.
Tout récemment, pour la nouvelle série Casse-Gueule (Crave), il a transformé une plaque à pizza en instrument pour recréer le tumulte des cuisines de restaurants. Les cliquetis et les chocs ont été pensés pour donner aux scènes une tension presque palpable. Parce que chez HOMY, le son ne se contente pas d’accompagner l’image : il suscite une émotion physique.
Injecter de la culture dans la pub
Même dans ses projets publicitaires, HOMY parvient à rester fidèle à sa signature. « La publicité, c’est un terrain exigeant : chaque note doit servir la vision du client. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut sacrifier l’art, constatent les deux partenaires. Il a fallu apprendre à respecter une vision qui n’est pas la nôtre, tout en trouvant comment élever le niveau artistique du projet. »
Un exemple marquant ? La campagne de la prestigieuse manufacture d’horlogerie suisse Audemars Piguet pour Companion, un modèle conçu en édition limitée avec l’artiste new-yorkais KAWS. La marque de luxe a choisi de travailler avec Clément pour avoir le son d’Hologramme, pour signer la trame sonore. Le projet mêle synthétiseurs modulaires des années 70 et textures contemporaines pour créer un univers qui ne « sonne » pas comme une publicité, mais comme une pièce artistique.
Avancer à contre-courant
Alors que l’intelligence artificielle permet à tout le monde de produire de la musique en un clic, HOMY avance délibérément à contre-courant. « Avec l’IA, c’est un peu comme quand l’iPhone est arrivé en photo : tout le monde peut faire quelque chose de correct, explique Clément. Nous, on va dans l’autre direction. On met la technique, le savoir-faire et l’humain à l’avant-plan, parce que c’est ça qui crée quelque chose d’unique. »
Ce positionnement attire naturellement des projets qui respectent la démarche créative. « Le processus est très important pour nous, ajoute Gabriel. C’est très collaboratif, autant avec les réalisateurs qu’avec les clients. Quand tout le monde est impliqué, le son qui en sort est beaucoup plus fort. »
C’est grâce à ce savoir-faire que HOMY a su grandir sans se diluer. L’équipe a d’ailleurs accueilli de nouveaux membres dans les dernières années : Véronique Rompré, coordonnatrice de post-production et chargée de projets, Armand Casane, designer sonore et assistant de studio, et tout un bassin de talents d’exception qui viennent en renfort quand le projet l’exige.
Aujourd’hui, en plus du design sonore et de la musique originale, l’atelier offre des services de production et d’enregistrement en tout genre : casting, livres audio, voix hors-champ et plus encore. Montréal reste son cœur créatif, avec des pôles à Paris et à Los Angeles pour soutenir ses ambitions internationales.
« Ce qu’on offre, c’est une expérience qui transcende le son. Quand les gens entrent chez HOMY, ils trouvent une équipe passionnée, respectueuse et réellement investie. Une équipe avec qui c’est vraiment le fun de créer. C’est cette énergie qui se retrouve dans chaque son qu’on livre », conclut Gabriel.

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