Pendant longtemps, le modèle de l’ambassadeur·rice en philanthropie reposait sur une équation bien connue : une personnalité publique très visible, une campagne traditionnelle d’envergure, télévision, affichage, production créative et un investissement conséquent. Un modèle efficace, mais souvent inaccessible pour les fondations ou les initiatives à plus petite échelle.

« Le coût d’un ambassadeur·rice varie beaucoup selon le profil choisi, qu’il s’agisse d’une personnalité A, B ou C, et demeure étroitement lié à l’ampleur des campagnes déployées. Habituellement, plus la personnalité est importante, plus la campagne est grande. Résultat : pour plusieurs organisations, collaborer avec des ambassadeur·rices peut sembler risqué, voire peu (pas) rentable. En 13 ans de Défi 28 jours sans alcool, le contexte a profondément évolué, et pour le mieux pour les plus petites Fondations », souligne Ann-Julie Tremblay, directrice générale de la Fondation Jean Lapointe.

Des porte-paroles qui deviennent des créateur·rices de contenu
Aujourd’hui, les porte-paroles ne sont plus uniquement des personnalités publiques au sens traditionnel. Ils sont aussi, et de plus en plus, des créateur·rices de contenu et des influenceur·ses capables de mobiliser des communautés critiques, engagées et informées via les médias sociaux.

Selon l’Étude DGTL 2026 de Léger, 39 % des Canadien·nes suivent activement des créateur·rices de contenu sur les médias sociaux, et chez les 16–24 ans, un·e jeune sur trois préfère entendre parler d’une initiative par un créateur·rice plutôt que par l’organisation elle-même. Un changement de paradigme majeur pour le milieu philanthropique, qui cherche à rajeunir ses publics et à renouveler ses leviers d’influence.

À la Fondation Jean Lapointe, ce virage numérique des ambassadeur·rices permet de réduire les coûts de campagne, de simplifier la création de contenu, d’offrir plus de flexibilité aux ambassadeur·rices et, souvent, de diminuer le coût de leur participation. Par ailleurs, leur engagement repose davantage sur l’adhésion à la cause que sur un cadre publicitaire traditionnel. Et ça, c’est une grande différence.

Le Défi 28 jours sans alcool : un modèle qui évolue avec son époque
C’est précisément ce modèle renouvelé qu’incarne le Défi 28 jours sans alcool 2026, qui bat actuellement son plein à travers le Québec.

Pour une 13e année consécutive, le Défi mobilise la population autour d’une pause de consommation, en janvier ou en février, avec un objectif clair : amasser 500 000 $ pour soutenir les programmes de prévention en milieu scolaire, d’accompagnement familial et de traitement des dépendances offerts par la Maison Jean Lapointe. Une mission d’autant plus essentielle qu’un Québécois sur trois est touché, directement ou indirectement, par les dépendances.

Cette année encore, le Défi s’appuie sur une équipe d’ambassadeur·rices engagés, réunissant notamment Maripier Morin, Meeker Guerrier, Chloée Deblois, Jean-Marie Lapointe et Danny St Pierre. Mais au-delà de leur notoriété, c’est leur cohérence authentique avec la cause qui fait la différence.

Quand le fit devient un levier d’impact
Les données du Rapport NextGen 2025 sont éloquentes : 50 % des jeunes recherchent des organisations alignées avec leurs valeurs, et 41 % se disent prêts à soutenir financièrement une cause qui les touche personnellement. Dans un contexte où 78 % ont déjà cessé de suivre un compte jugé non crédible, l’authenticité n’est plus optionnelle : elle est déterminante.

Un ambassadeur·rice réellement engagé·e, crédible et disponible peut ainsi générer un impact tangible, bien au-delà de la simple visibilité.

Une rentabilité qui se mesure autrement
En philanthropie, la rentabilité d’un ambassadeur·rice ne se mesure plus seulement en impressions ou en portée brute. Elle se mesure en confiance, en cohérence et en capacité à mobiliser. Bien choisis, les ambassadeur·rices deviennent de véritables catalyseur·euses d’impact social.

Le Défi 28 jours sans alcool en est la démonstration : oui, travailler avec des ambassadeur·rices en philanthropie est toujours rentable, à condition de repenser leur rôle, de miser sur l’authenticité et de placer la cause au cœur de la relation.


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