La Presse a déposé une poursuite contre OpenAI, l'entreprise derrière le modèle d'intelligence artificielle générative ChatGPT, pour utilisation non autorisée de son contenu protégé par droit d’auteur. Cette démarche vise à obtenir reconnaissance et compensation pour l’utilisation de milliers d’articles de La Presse dans l’entraînement du modèle d’IA d’OpenAI, sans consentement ni rémunération.

« La mission de La Presse est d'offrir une information de qualité, gratuite et accessible pour tous. Pour garantir cette accessibilité, nous investissons des sommes importantes dans la production et la diffusion de contenus issus de la plus grande salle de rédaction francophone indépendante en Amérique du Nord », a déclaré Patrick Bourbeau, vice-président, Affaires juridiques. « Le droit d'auteur est la pierre angulaire qui permet à nos journalistes et à notre organisation à but non lucratif de financer un journalisme rigoureux et essentiel à la démocratie. »

Le média affirme que le succès commercial de la plateforme ChatGPT repose sur l’utilisation non autorisée de ses ressources (et celles d’autres médias), sur des actes de contrefaçon répétés, sans considération pour ses droits de propriété intellectuelle, profitant ainsi du contenu journalistique de La Presse et de ses investissements, sans assumer les coûts liés à la collecte, la rédaction et la publication de l’information.

« Dans une ère de désinformation, le journalisme indépendant et de qualité, comme celui de La Presse, est indispensable. En publiant des informations vérifiées, obtenues à la suite d’une démarche journalistique rigoureuse, nous permettons de distinguer les faits des fausses nouvelles. Face à la rapidité avec laquelle les informations erronées se propagent, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes de nouvelles peu crédibles, ce type de journalisme agit comme un rempart contre la manipulation de l’information qui constitue l’une des menaces les plus sérieuses pour notre démocratie et ses institutions », poursuit Patrick Bourbeau. « Notre action est un signal clair : l’accès gratuit à l’information ne justifie pas le pillage de nos contenus à des fins commerciales. Nous considérons l'information de qualité comme un bien public, pour le public. Nous agissons aujourd'hui de façon proactive pour protéger la valeur de nos contenus, sans attendre un cadre réglementaire », conclut-il.

Cette démarche de La Presse s’inscrit dans la même lignée que celle entreprise par une coalition de médias canadiens, qui comprend CBC/Radio-Canada, The Globe and Mail, La Presse Canadienne, Postmedia et le Toronto Star. Leur poursuite a été déposée en novembre 2024 devant la Cour supérieure de justice de l’Ontario, tandis que celle intentée par La Presse a été déposée devant la Cour supérieure du Québec.