Tout le monde semble vouloir lancer son podcast ces temps-ci… mais est-il encore vraiment possible de se démarquer dans cet univers saturé ? Et surtout : l’avenir du podcast est-il condamné à affronter les mêmes enjeux que les médias dits « traditionnels » ?

Pour en discuter, j’ai échangé avec Stéphane Berthomet, cofondateur de Podpass, une plateforme qui agit comme un véritable matchmaker entre les marques en quête d’espaces publicitaires audio et les créateur·rices de contenu capables d’engager leur audience.

Stéphane Berthomet

Stéphane, c’est un GRAND passionné. Notre entretien a duré deux fois plus longtemps que prévu, et j’espère réussir à bien résumer tous ses propos — parce qu’il y avait de la pertinence au pied carré !

Pour les amateur·rices de chiffres, il a créé un document rassemblant toutes les statistiques concrètes sur l’univers du podcast, dans le but de sensibiliser et d’informer les futur·es investisseur·ses à l’efficacité de ce médium comme plateforme publicitaire.

En d’autres mots : le podcast n’est plus seulement un espace créatif, c’est aussi un levier marketing puissant et mesurable. Le document est à découvrir juste ici.

Le marché du podcast en 2025 : saturation ou maturation ?
Pour Stéphane, la réponse est claire : non, le marché n’est pas saturé. Au contraire, il arrive à maturité. La popularité du podcast ne faiblit pas ; les auditeur·rices deviennent de plus en plus exigeant·es et fidèles. « Il ne suffit plus d’avoir un micro et une bonne idée, il faut créer un univers, captiver et fidéliser son audience », insiste-t-il.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au Québec, près d’un adulte sur deux écoute des podcasts régulièrement, et le Canada suit la même tendance. Les marques savent que l’audience est engagée et réceptive à des messages bien intégrés, faisant du podcast un outil stratégique capable de créer des liens durables avec les consommateur·rices (et petit bonus : contrairement aux médias traditionnels, qui ont perdu 30 % de leur portée sur les réseaux sociaux depuis la loi C‑18, les podcasts n’ont pas été affectés).

Qu’est-ce qu’un podcast en 2025 ?
La définition a beaucoup évolué. « À l’origine, le podcast est audio et accessible via RSS », rappelle Stéphane.

Aujourd’hui, plusieurs projets ajoutent une captation vidéo. Mais attention : engagement et attention ne sont pas équivalents. Le contenu audio retient l’attention plus longtemps, tandis que la vidéo capte différemment. Connaître cette distinction est essentiel pour les marques et la monétisation : selon qu’on vise fidélisation, visibilité ou engagement communautaire, le format à privilégier n’est pas le même.

Les pièges et fausses croyances
Premier piège : croire qu’un podcast, c’est juste une bonne idée et un micro. Faux! La communauté se construit avec le temps, la constance est la clé et le sens derrière le projet compte autant que la qualité sonore. Autre règle d’or : avant de se lancer, mieux vaut avoir plusieurs épisodes prêts en banque. Publier un seul épisode et attendre les foules ne suffit pas : il faut planifier, structurer sa promotion et soigner chaque détail pour que l’audience embarque.

Bref, le podcast exige autant de rigueur que de créativité.

L’écosystème et son financement
Produire un podcast, c’est aussi comprendre l’écosystème qui l’entoure : publicité intégrée, partenariats, événements et contenus dérivés. « Les studios de podcast se développent grâce à la masse critique de créateur·rices qui veulent améliorer la qualité, être filmé·es et bénéficier d’un service complet », explique Stéphane.

Le financement repose sur deux piliers : la valeur du contenu et la force de la communauté, et un podcast de niche peut générer plus d’impact qu’une grosse production standard, à condition de bien connaître son public. Le marché demande des statistiques précises, des KPI clairs et une vision stratégique.

Dans ce contexte, une agence comme Podpass joue un rôle central : assurer que production, promotion et monétisation répondent aux attentes des auditeur·rices et des annonceurs.

L’avenir du podcast : tendances et innovations
Les habitudes d’écoute changent : les contenus se fragmentent, mais l’engagement reste solide. Les nouvelles applis et l’automatisation simplifient montage et production, libérant du temps pour ce qui compte vraiment : le contenu et l’expérience. L’IA, les outils de nettoyage audio et la déclinaison des épisodes en courtes capsules pour réseaux sociaux redessinent déjà le paysage.

« Le contenu long a besoin de contenus courts pour se faire connaître », rappelle Stéphane. Le futur du podcast se joue dans un savant mélange de qualité, créativité et stratégie : chaque épisode et chaque interaction avec l’audience devient un levier de fidélisation.

Le mot de la fin
Après un échange qui aurait pu durer deux semaines — je ne vous mentirai pas, il y a eu plusieurs “mots de la fin” avant celui-ci haha — j’ai demandé à Stéphane son conseil ultime pour ceux et celles qui voudraient se lancer dans ce médium si populaire.

« Réfléchissez bien : est-ce que vous le faites par passion ou parce que vous avez les compétences ? » La passion allume l’étincelle, mais sans plan solide et constance, le feu s’éteint vite ! Autrement dit : osez, mais arrivez préparé·es. avec les bons outils, le podcast peut devenir votre vitrine, votre levier pour générer de l’engagement et rayonner!