• SHED et l’art de créer l’impossible

    Niché dans un immeuble historique en plein cœur du centre-ville de Montréal, se cache un studio d’effets visuels et d’animation qui offre son expertise aux agences et aux marques que celui-ci représente : c’est SHED, le spécialiste en animation 3D.

    Plus de 35 artistes en effets visuels, de même que plusieurs professionnels de la production, y travaillent. Le Grenier magazine s’est entretenu avec le président de SHED, Renaud Côté, afin d’en apprendre davantage sur cette entreprise.

    Quelle est l’histoire de SHED ? Comment votre studio a-t-il évolué?
    Renaud Côté : Il y a une version courte et une version longue : tout dépend de quelle version vous préférez! (Rires) Notre entreprise a été fondée en 1992, sous le nom de « Bureau de Post ». À ce moment, on se spécialisait surtout dans les séries télé, dans les films et dans le montage offline. En 1998, nous avons déménagé nos bureaux sur la rue Stanley, à notre adresse actuelle. C’est à ce moment-là que nous avons fait un virage publicitaire ! Ainsi, en 2009, « Bureau de Post » et « De SHED » ont fusionné, pour devenir simplement SHED, soit l’entreprise que vous connaissez aujourd’hui!

    SHED s’est affiliée à Antler. Quelle est la différence entre les deux entreprises? Devrions-nous vous considérer comme deux entreprises distinctes qui font souvent des collaborations ?
    R. C. : Je dirais que c’est plus qu’une collaboration! En effet, SHED est copropriétaire d’Antler, donc l’idée était de créer une offre de service de type clé en main, en réunissant tout sous un même toit : de la réalisation à la postproduction, en passant par la production, les effets visuels, l’animation 3D et le motion design.

    IGA, Coca-Cola, La Presse+, Loto-Québec, Recyc Québec, Sloche, Les rendez-vous du 
cinéma québécois et plusieurs autres comptes font partie de vos clients. Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?
    R. C. : Nous travaillons sur plusieurs choses, dont un projet avec 1stAveMachine, pour l’édition 2015 de Awesome Stuff Week. Nous travaillons aussi sur la signature de IM Global, un distributeur de films de Los Angeles, puis nous collaborons entre autres avec Moment Factory, pour un projet qui prend présentement forme aux États-Unis. De plus, nous sommes en train de finaliser plusieurs publicités avec 
Marketel, pour Le Fonds FTQ, et nous avons produit la dernière campagne de la SAQ, en collaboration avec Cossette. Finalement, on s’occupe aussi d’une campagne nationale full CG, pour du Web et pour du print, avec PostMedia!

    Image tirée d'une publicité pour Le Fonds FTQ

    Certaines œuvres vous ont pris plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour aboutir au produit fini. Combien de temps, en moyenne, consacrez-vous à une publicité ?
    R. C. : Ça dépend de la durée et de la complexité du projet, mais, par exemple, pour une campagne IGA de style full 3D, ça prend environ 3 mois à partir du moment où on reçoit un texte approuvé! Là-dedans, il faut compter du temps pour le design des personnages, pour la construction des décors et environnements et, finalement, pour tout le processus d’animation, afin d’arriver au style désiré.

    Vos artisans adorent expérimenter de nouvelles technologies et repousser les limites de leurs connaissances, en étant constamment à la recherche de nouveaux progrès. Quelle est la dernière nouveauté technologique que vous aimez particulièrement utiliser et quelles en sont ses caractéristiques ?
    R. C. : Nous venons d’intégrer l’engin de rendu Redshift, qui utilise la technologie GPU (Graphic Processing Unit), au lieu de la CPU (Central Processing Unit). Au niveau du temps que les rendus de haute résolution peuvent prendre, les performances sont vraiment impressionnantes! Cela va nous permettre de faire davantage d’itérations de looks et de recherches de styles, et ce, dans nos résultats finaux, de même que dans la qualité de nos images.

    Un print réalisé pour PostMedia

    Présentement, on développe aussi un court-métrage d’animation avec le logiciel de 3D Houdini, qui est plutôt connu pour du VFX, mais qui est aussi très efficace pour l’animation de personnages. On est donc très heureux d’avoir une entente de collaboration avec SideFX, la compagnie qui détient Houdini, pour pouvoir développer ce projet et pour participer activement à l’amélioration du module d’animation. Il s’agit d’un projet à long terme, car le teaser du film sortira seulement au printemps prochain! Le titre reste à confirmer, mais pour l’instant on travaille avec le nom « Outside ».

    Avez-vous des préoccupations qui touchent particulièrement votre secteur, soit l’animation 2D et 3D? Par exemple, la réalité veut que les budgets publicitaires se déplacent de plus en plus à Toronto. Ainsi, quelles sont les conséquences pour SHED ? Devez-vous souvent pitcher pour obtenir des mandats ?
    R. C. : Bien entendu, nous sommes appelés à pitcher! Toutefois, plusieurs compagnies nous mandatent encore directement. L’industrie est en continuel changement, donc il faut toujours s’ajuster. On souhaite tous que Montréal reste forte. Je suis d’ailleurs très confiant que les projets d’ici vont rester ici. Il faut aussi souligner que de plus en plus de compagnies viennent d’ailleurs pour travailler avec les Québécois. Par exemple, dernièrement nous avons été contactés pour réaliser des contrats d’animation, et ce, dans les marchés de Toronto, et même dans certains marchés d’Europe! Même si on veut que les projets demeurent à Montréal, c’est certain que le fait de développer de belles relations avec les marchés extérieurs reste dans nos priorités.


    Article paru dans le Grenier magazine du 14 novembre 2015. Pour vous abonner, cliquez ici.