• Republik 2.0

    Crédit photo : Donald Robitaille

    Depuis quelques années déjà, les agences de publicité — oups pardon, de créativité commerciale — n’en ont que pour les incontournables millennials. Mais que se passe-t-il quand deux millénaires décident d’acheter une agence de publicité ? De fort belles choses !

    JP Shoiry, Chef de la stratégie de contenu, Republik
    Crédit photo : Sam Pasquier

    Vincent Fortin-Laurin, Chef de la création de contenu, Republik
    Crédit photo : Richard Roth

    Duo, voilà trois ans, vous décidiez à l’âge de 27 et 28 ans de vous porter acquéreur de l’agence fondée par Daniel Charron en 1998. Qu’est-ce qui amène deux amis à prendre cette importante décision ?

    JP : Ça s’est fait sans qu’on y pense trop, et à la base, rien ne nous prédestinait à la pub. J’ai étudié en droit et Vincent en finance et en comptabilité ! (RIRES) Mais de mon côté, j’avais goûté au marketing de contenu via Accrofoot, un média que j’avais fondé avec un ami. Vincent lui, travaillait déjà dans une petite agence du côté des finances.

    Vincent : Un jour, Robert Beaudoin — que je connaissais — m’a dit qu’il cherchait des acheteurs pour son agence. JP et moi, on s’est dit let’s do this.

    Et le 1er juin de l’an dernier, vous relanciez la boite avec un tout nouveau branding et un positionnement axé sur le marketing d’influence et de contenu. Pourquoi cette spécialisation ?

    Vincent : Lorsque nous sommes arrivés à l’agence, on a dit : « Ben voyons, vous faites ben trop d’affaires ! » Comment une entreprise de 8-10 employés peut-elle prétendre faire la même chose que Sid Lee ou Cossette ? Si on voulait être reconnu dans l’industrie, attirer le meilleur talent et performer à la hauteur de nos ambitions, il fallait absolument se spécialiser.

    Votre entreprise a été certifiée B-Corp, ce que l’on voit rarement sinon jamais en agence. C’était important pour vous ?

    JP : C’était clair pour nous deux : si nous étions pour nous lancer en affaires, il fallait avoir un impact positif sur notre communauté. On a donc opté pour cette certification qui garantit les plus hauts standards en matière de politique de ressources humaines, de sélection de fournisseurs, etc. 5 % de nos heures facturables annuelles sont redonnées à la communauté sous forme de services pro bono. Le fait de mettre ainsi de l’avant nos valeurs nous permet d’établir des liens plus humains lors des rencontres initiales avec des clients potentiels. Et ça interpelle les nouveaux employés ; pour la nouvelle génération qui entre sur le marché du travail, être responsable socialement, ça fait partie de ses priorités.

    Un an après la refondation de l’agence, le marketing de contenu, c’était la bonne place où aller ?

    JP : Plus que jamais ! On s’améliore de jour en jour, notre équipe croît, nos clients renouvellent les mandats et leurs budgets sont plus importants. Pas pour rien que la compétition augmente dans ce secteur ;)

    Côté client, c’est bien compris le marketing de contenu ?

    Vincent : Les objectifs des entreprises demeurent les mêmes ; c’est la façon dont tu vas t’y prendre qui va être différente. Mais il y a encore énormément d’éducation à faire. Il y en a qui veulent faire du marketing de contenu parce qu’ils se sont fait dire dans une conférence à Toronto que 25 % de leur budget devait aller en contenu. Mais ce n’est pas seulement une question de budget. Il existe une corrélation directe entre le background des décideurs marketing et leur compréhension du marketing de contenu. On le voit dès le brief. Est-ce un brief de contenu ou juste un brief de pub ?

    Quelle en est la différence ?

    Vincent : Y a-t-il une valeur ajoutée ou bien sommes-nous juste en train de forcer un message de marque dans la gorge du consommateur ? Le contenu envisagé apporte-t-il quelque chose au consommateur? Les entreprises qui performent bien en marketing de contenu savent que pour connecter avec leurs consommateurs, ça passe par l’authenticité, la transparence et la vulnérabilité.

    JP : J’ajouterais que le jour où l’on commence à publier, c’est le jour où l’on commence à apprendre et à optimiser. Alors qu’en pub, c’est le jour où tu te croises les doigts en espérant que ça marche ! (RIRES)

    Perspective d’avenir ?

    Vincent : C’est certain qu’on va continuer à grandir. Il y aura des acquisitions stratégiques, possiblement de nouveaux marchés, l’internalisation de services à l’interne.

    JP : Et on va continuer à avoir du fun à faire ce que l’on fait ! Déjà on le vit avec des marques mondiales comme Hennessy et Veuve Clicquot. Ces efforts vont inévitablement attirer d’autres marques importantes. Et en plus, socialement, on fera une différence. Quoi demander de plus ?

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    Cet article a été publié dans le Grenier Magazine (Vol. 2 - Numéro 37 - 5 juin 2017).