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  • Agence Minimal, pub numérique maximale

    Alors que plusieurs agences — et même l’association qui les représente ! – fuient l’appellation publicité comme si c’était la peste, une boite numérique en revendique haut et fort l’appartenance. Pub et numérique, mariage de raison ou passion ?

    (Crédit photo: Donald Robitaille, OSA Images)

    Pointe de conversation avec l’agence Minimal


    Duo. Vous avez tous deux commencé votre carrière au tournant du siècle chez ce qui s’appelait alors Cossette interactif. Vous étiez aux premières loges pour assister aux tiraillements entre la publicité dite traditionnelle et ce crasher de party — aujourd’hui, on dirait élément disrupteur — qu’était le numérique. Or, vous vous présentez comme agence de publicité numérique. N’est-ce pas un peu anachronique de la part de deux ouébeux de la première heure ?

    David-Alexandre : Oui, mais non ! ;) Historiquement, ceux qui faisaient partie de la vague numérique provenaient de la technologie, pas de la pub. Mais PE et moi, on a commencé en pub numérique. Pas en pub, pas en numérique. En pub numérique.

    David-Alexandre Tanguay
    Vice-président de la planification stratégique, associé

    Pierre-Emmanuel : Le modèle d’agence, c’est une école et une culture qu’on adore. On aime son aspect accompagnement, conseil, création, relation avec les clients. Ce qui me semble incontournable de nos jours pour un client désormais appelé à travailler sa marque sur et hors Web.

    Pierre-Emmanual Messier
    BDI, DGA, directeur de création, fondateur

    Tu as raison. L’expression de la publicité s’est diversifiée avec le temps et le numérique déborde du ouèbe. Les médias sociaux, l’activation, les stunts et les vidéos virales, c’est encore juste de la pub. Mais pourquoi pas tout simplement d’agence numérique, alors ?

    DA : Pour nous, agence numérique, ça sonne trop technologie, trop backend, etc. On apprécie l’importance de ce volet — et on le fait —, mais ce qui nous allume, c’est de faire vivre une marque dans son écosystème numérique.

    Donc, vous ne faites pas de télé, de panneau, 
de radio ?

    PE : On en fait souvent, mais honnêtement, on trouve ça ben facile ! (RIRES)

    Les gens ont une connaissance minimale de votre agence. Parlez-m’en un peu.

    PE : Minimal a dix ans. Mais sa naissance remonte à une vingtaine d’années. Le jour, je bossais chez Cossette. Le soir, je faisais des flyers pour des clubs, des raves, des DJs, le monde de la musique techno me passionnait. Et c’était un refuge. Travailler sur Bell, c’est le fun, mais les normes graphiques, ça tue la créativité.

    À un moment donné, je suis allé travailler à Taiwan. Man, j’étais Head of Arts, je faisais des télés... en chinois !!! Et on travaillait tous les soirs jusqu’à 23 h... À mon retour, j’ai pigé un brin, mais je n’étais pas heureux. Trop de meetings, trop de discussions; je ne produisais plus. À 31 ans, sans trop y réfléchir, je me suis lancé à mon propre compte. Plus besoin de me battre à l’interne ! ;)

    Et Minimal fut une agence de publicité numérique dès le début ?

    PE : Pendant sept ans, on était surtout une boite de design numérique. Quand DA s’est joint à nous, ça s’est resserré sur la pub numérique.

    DA : PE et moi, on travaille directement avec les clients. Ça enlève des intermédiaires — qui coûtent cher aux clients, pour souvent pas grand-chose — et ça permet à ceux qui nous paient d’avoir directement accès à du conseil de niveau senior. On aime ça être proche des clients, de leurs problématiques.

    PE : Il fut un temps où tout était concentré sur les sites Web. On fonctionnait donc en projet : un gros coup, puis bye-bye. Mais comme la gestion de marque numérique est maintenant une affaire continuelle, ça nous permet d’aller chercher des mandats qui se poursuivent dans le temps. Ça génère donc une meilleure connaissance du client et ça nous rend meilleurs, agence comme client. Certains clients sont avec moi depuis 20 ans parce qu’ils nous aiment.

    Perspectives d’avenir ?

    DA : Ces temps-ci, on voit beaucoup d’agences québécoises intégrer de gros réseaux internationaux. Nous, on voit ça comme une opportunité : on pense qu’une agence ne peut plus être elle-même à partir du moment où elle se fait avaler. On n’est pas à vendre. On veut juste devenir une agence québécoise importante. Indépendante.

    PE : Toutes les agences se font acheter. Ou bien, elles se battent pour être « différentes ». Je trouve qu’au fond, on oublie les clients là-dedans. Moi, mon obsession, c’est que tout le monde soit satisfait. J’ai juste le goût de faire de la belle prod, de me faire du fun avec une belle gang avec qui je m’entends bien. Et donner du f*****g bon service !

    Du f****g de gros bon sens, je trouve ! (RIRES)

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