• Comment intéresser les 18-24 à voter?

    Voter. Combien de gens vivant dans des dictatures rêvent de pouvoir profiter de ce droit librement. Ici, c’est facile de voter. Pourtant, aux élections fédérales de 2011, moins de 40 % des jeunes de cette tranche d’âge ont voté Ô Canada, alors que la moyenne nationale était de 61 %, ce qui est d’ailleurs peu élevé. En Suisse, même problème : en 2011, c’est 32 % des jeunes de 18 à 25 ans qui ont voté aux élections fédérales et on souhaite, le 18 octobre prochain, à la veille de nos élections ici, faire passer ce pourcentage à 40 %. Le taux de participation est donc encore plus faible chez les jeunes Suisses que chez nous.

    Il y a bien la publicité politique pour vendre les partis aux électeurs et on a vu de la publicité sociétale pour inciter les gens à voter et tout particulièrement les jeunes au Québec, lors des dernières élections provinciales, et même lors des dernières élections municipales, où le taux de participation est vraiment très bas, mais le Directeur général des élections du Canada n’a plus le droit d’encourager les jeunes à exercer leur devoir de citoyen pour ces élections fédérales, en vertu d’une nouvelle loi électorale. Aberrant!

    J’ai trouvé un clip sur YouTube, le « Vote Slapshot Challenge », créé par un enseignant vancouvérois, Michael Taylor, très inspiré du désormais célèbre « Ice Bucket Challenge » : on invite les jeunes à porter un chandail de leur équipe de hockey favorite et de faire un lancer frappé sur la glace, dans la rue ou sur une table de hockey miniature. Ensuite, les jeunes doivent s'engager à voter et inviter trois amis à faire de même sur les médias sociaux… mais on dirait que cette fois, la rondelle ne lève pas, si j’en juge par le nombre de personnes qui l’a visionné (moins de 1200 au moment d’écrire ces lignes).


    L’Alliance canadienne des associations étudiantes propose depuis la mi-septembre la campagne « Sortons voter ». J’ai vu un clip en anglais sur YouTube, « Get Out The Vote – Your voice matters! », mais je n’ai pas trouvé de version en français, même si une voix hors-champ aurait fait le travail… Là non plus, ça ne lève pas fort… seulement 755 visionnements, incluant le mien, au moment d’écrire ces lignes. De plus, des bénévoles se promènent dans les campus du pays pour rencontrer le plus de jeunes possible et les informer sur le système électoral canadien. Dès qu’un jeune s’engage à voter, on prend son nom et son numéro de téléphone pour lui envoyer le moment venu des textos pré-enregistrés, comme « Pour voter, tu peux te présenter telle date et à tel endroit et à telle heure sur le campus… » C’est pratiquement de la guérilla urbaine!


    La formation rock canadienne July Talk demande aux jeunes électeurs qui ont entre 18 et 24 ans de voter aux prochaines élections fédérales qui se tiendront le 19 octobre. Si les jeunes électeurs se prennent en photo après avoir voté, à l’extérieur du bureau de vote, et partagent leur photo sur les réseaux sociaux Instagram, Facebook et Twitter, en utilisant le mot-clic #julytalkvotes, les deux chanteurs du groupe torontois remercieront ces participants en les appelant directement.

    La Fédération suisse des parlements des jeunes a lancé, de son côté, un programme un peu plus songé pour inciter les jeunes à voter : easyvote. On a pu lire, sur swissinfo.ch que « Pour convaincre les jeunes, il faut parler le même langage ». Rien d’extraordinaire, c’est la notion même de public cible que l’on développe pour chaque produit ou service qu’on veut nous vendre, tant sur les plans commercial que sociétal ou comportemental. Alors, pourquoi ça ne fonctionne pas? Est-ce que les jeunes sont dépolitisés, comme le suggérait un article de Radio-Canada le 5 octobre dernier? On peut y lire que « Selon l'Étude canadienne de la jeunesse menée conjointement par l'Université McGill et l'UQAM en 2014, seuls 10 % des jeunes interrogés se disent désintéressés de la politique. Les répondants sont aussi mieux informés qu'on pourrait le croire. 75 % d'entre eux affirment suivre l'actualité plusieurs fois par semaine, voire quotidiennement ».

    Il doit donc y avoir un problème de communication. Selon Valérie-Anne Mahéo, chercheuse à l’Université McGill, « Si les jeunes ne s'intéressent pas à la politique fédérale et aux élections, les partis politiques sont moins incités à s'adresser à eux ». Selon Delphine Grangier, une jeune Suisse de 17 ans déjà engagée depuis plusieurs années au sein du Conseil des jeunes de Lausanne, « Il y a tellement d’informations sur les réseaux sociaux qu’on regarde sans vraiment s’y intéresser ». Elle compte donc partager des informations via sa page Facebook pour promouvoir, par exemple, un évènement politique, mais pas pour aborder un sujet.

    Pour toucher ces jeunes, La Société suisse de radiodiffusion a mis au point une application pour téléphone intelligente, politbox.

    Ce jeu de connaissance propose un quiz, disponible dans les quatre langues nationales ainsi qu’en anglais, avec de nombreuses questions sur la Suisse et ses habitants. Une escouade parcoure la Suisse à bord d’un camion pour aller à la rencontre des jeunes joueurs. Il faut avouer que la Suisse est un pays un peu plus petit que le Canada… Les jeunes semblent s’y être intéressés au cours des dernières semaines. Voteront-ils maintenant? À suivre après les élections du 18 octobre en Suisse et du lendemain ici.

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