• En bleu-blanc-rouge

    De quoi les Québécois parleront-ils au cours des prochaines semaines? Des manifs étudiantes? De la diète du maire Coderre? De la gestion des finances publiques? Vous ne l’avez pas du tout. Les Québécois n’auront qu’un seul sujet en bouche: les séries éliminatoires de la Coupe Stanley et le parcours des Canadiens de Montréal. Les agences de relations publiques devront user de beaucoup d’imagination pour pousser les nouvelles de leurs clients à l’avant-scène, car elle sera exclusivement occupée par les exploits des hommes qui portent fièrement le chandail du Tricolore.

    Professionnels des relations publiques, soyez avertis. Gardez vos bonnes nouvelles pour les jours où il n’y a pas de match et vous pourrez peut-être espérer avoir une certaine couverture médiatique. À l’inverse, sortez les mauvaises nouvelles le jour où P.K., Carey, Max et Andrei seront sur la glace. Car croyez-vous que les gens prêteront attention au lancement de votre projet de condos ou aux revendications du groupe que vous représentez, le jour d’un septième match? Oubliez ça.

    Si vous avez des clients étrangers (à part s’ils viennent de Barcelone, Manchester ou Green Bay), vous devrez leur expliquer que, pendant plus d’un mois, les Québécois ne seront réceptifs qu’aux commentaires de Ron Fournier ou aux analyses de Dany Dubé. Rapidement vos clients se rendront compte que la une des journaux est la plupart du temps consacrée à la Sainte Flanelle. Que #gohabsgo est tendance sur Twitter. Bref que le Québec au grand complet (à part quelques nostalgiques d’une certaine équipe au chandail bleu) est viré bleu-blanc-rouge.

    Il s’agit sans aucun doute d’un phénomène de société auquel nous, les professionnels de la communication, devons tenir compte. Car si mes parents qui ont 80 ans, ou les jeunes de l’école de mon quartier, en passant par tous ceux qui accrochent un fanion sur leur voiture, cesseront de vivre normalement pour les prochaines semaines, c’est parce qu’il se passe réellement quelque chose. L’ignorer serait une grave erreur.

    Gagne ou perd, les prochaines semaines permettront aux Maxime, Sophie, Peter, Giovanni, Aïcha et tous les autres d’oublier les problèmes du quotidien et de vibrer tous ensemble au même rythme. Et qui sait, d’assister enfin à un défilé quelque part en juin.

    En terminant, il est difficile de ne pas s’incliner devant le travail remarquable de l’équipe de marketing et de relations publiques du Canadien de Montréal. Ils méritent toute notre admiration. Go Habs Go!

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    Un texte de François Crête, vice-président chez Cohn & Wolfe | Montréal.