• Bonne année quand même…

    Depuis 2003, je donne une formation en Publicités sociétales et humanitaires au Certificat en publicité de l’Université de Montréal. À chaque session, les étudiants ont l’opportunité de travailler sur de véritables campagnes pour des organismes sans but lucratif. On a commencé l’année avec un gros calibre: une levée de fonds pour Oxfam-Québec afin de prévenir la propagation du virus Ebola dans les pays d’Afrique de l’Ouest qui sont touchés.

    On a l’impression, depuis quelques semaines, que la situation est maintenant sous contrôle. Naturellement, comme il n’y a plus de cas d’Ebola aux États-Unis ou en Europe et que le rythme effarant de la croissance du nombre de morts à l’automne a diminué, les médias d’ici n’en parlent plus. Comme souvent, l’attention est plus souvent qu’autrement retenue par les évènements de l’heure. La semaine du 5 janvier, c’était l’attentat dans les locaux de Charlie Hebdo. La semaine du 12 janvier, le triste anniversaire du tremblement de terre en Haïti, dont on ne parle plus beaucoup, comme la situation actuelle en Syrie, ou les massacres de Boko Haram au Nigéria. Vous vous rappelez de l’appel «Bring back our girls»? Même Michelle Obama avait participé à cet élan mondial. Pourtant, on ne parle presque plus des 250 jeunes lycéennes qui ont probablement été mariées de force, et presque pas des 2000 personnes massacrées récemment à Baga, en même temps que les attentats de Paris… «Mauvais timing».

    La mission des étudiants du cours de Publicité sociétales et humanitaires pour Oxfam-Québec n’est donc pas de faire une campagne de prévention qui s’adresserait aux Africains, ce qui doit être fait localement, compte tenu des aspects culturels et humains propres à ces régions. Il s’agit d’inciter les Québécois à aider en finançant les moyens de mettre en place des stations de lavage des mains dans les écoles et autres lieux publics, ainsi que des latrines accessibles au plus grand nombre de personnes, afin de maintenir un niveau d’hygiène de base. Du concret. Les efforts d’Oxfam-Québec pour améliorer l’hygiène sont donc essentiels pour la survie de milliers de personnes.

    Difficile cependant d’émouvoir les gens d’ici et bien nantis, en leur expliquant que dans certains villages ou villes, il n’y a pas d’eau courante ou de toilettes! Il y a des causes moins «sexy» que d’autres. Tout un défi de communication! Si vous avez des pistes créatives, vous êtes bienvenus de les échanger. Si vous avez des disponibilités pour des gratuités dans les médias dès février 2015, ce serait vraiment apprécié. Une belle façon d’aider une cause tout on formant la relève publicitaire. Écrivez-moi: richard@publiciterre.org.

    Et bonne année quand même…

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    Causes? Toujours!
    Richard Leclerc, concepteur-réalisateur